( 17 avril, 2016 )

Intellos et bobos

J’ai croisé des intellos,
Rien pigé à leurs mots,
Bobos qui s’la jouent
Sur google ou Yahoo.

Ils savent tout et rien,
N’sont que comédiens,
Qui prennent l’oseille,
Pour si peu d’conseils.

J’ai croisé des gens bien,
Avec si peu de moyens,
Sont d’venus des héros,
S’foutent d’leurs bobos.

J’ai croisé des champions,
C’était pas des moribonds,
Des mecs pleins d’talents,
Veulent l’or et pas l’argent.

Ainsi va la vie
Charlesp

( 17 avril, 2016 )

Pierrot mon pote d’la-haut

Pierrot, mon pote d’là-haut,

Tu crois qu’ici tout est beau,

Moi j’te l’dit, j’envie ta lune

Tu t’fous bien de nos tunes.

 

Pierrot mon pote d’là-haut,

J’te confie nos fils, nos blaireaux,

Ils vont tous s’ donner la main,

Pour de nouveaux lendemains.

 

Pierrot mon pote d’là-haut,

Pierrot t’es  sur la lune,

Loin de ces enrubannés,

Assassins jamais rassasiés.

 

Pierrot mon pote d’là-haut,

La planète est mal barrée,

Pillée, volée par des tarés

Assassins jamais rassasiés.

 

Pierrot mon pote d’là-haut,

T’inquiète pas pour la lune,

Y a que toi à la tribune,

Loin des barjots sans cerveaux.

Ainsi va la vie

charlesp

 

( 13 avril, 2016 )

Né prés du clocher

J’suis né prés du clocher,

J’ai commencé par chialer,

J’savais pas ou j’étais tombé,

Les cloches s’ont mis à sonner.

 

J’vois mon père et ma mère,

J’n’arrêtais pas de gueuler,

Ils ont appelé le grand-père,

Qui partait vers son clocher.

 

J’ai grandi, j’suis allé au caté,

J’ai grandi, j’suis allé au café,

J’ai connu l’école et son préau,

J’ai vu la glace sur les carreaux.

 

J’m’souviens du poêle flamand,

Il marchait à fond et au charbon,

j’étais p’tit, suis d’venu plus grand,

Avec trois filles et quatre garçons.

 

j’m’suis retrouvé enfant d’ chœur,

En rouge et blanc, drôle de couleurs,

J’ai porté la croix d’vant le corbillard,

Sous l’soleil, la pluie et  l’brouillard.

 

Faut pas cracher dans la soupe,

Huit frères et sœurs, belle troupe,

Pas les plus cons, même sans pognon.

Ainsi va la vie

charlesp

( 13 avril, 2016 )

le curé et le pécheur

j’ai rencontré l’curé,
Les cloches j’ai sonné,
Les bigotes ont prié,
en pleurant leurs péchés.

J’ai croisé un pécheur,
Il ma crié à d’taleur,
J’lui ai ram’né un litron,
J’lui ai piqué ses poissons.

C’est pas une grenouille,
Qui l’ramènera au bénitier,
Il est pécheur, y sait pas prier,
L’curé dit qu’ c’est une fripouille.

l’curé efface les péchés
Des bigotes de bénitiers .
Il leur promet le ciel et l’paradis,
C’est toujours ça d’ pris.

L’pécheur boit un bon canon,
A l’abri d’son p’tit cabanon,
Il a fait une grande révélation,
Le jour du pont de l’ascension.

Le secret : la pèche au blé.
Faut pas l’dire aux fortunés,
Ils piqueront la bonne idée
ils aiment trop le blé.

Faut pas prendre les pécheurs
Pour les enfants du seigneur.

A l’un le poisson, à l’autre l’goupillon
Ainsi va la vie
charlesp

( 1 avril, 2016 )

Ma vie, mes racines

Tu es jeune et c’est formidable, Cappy, c’est ton village et ton histoire,
Ton clocher en est la mémoire. Tu peux le quitter, vivre ta vie, sans l’oublier, ni le renier.
Cappy a une histoire, un passé, avec le temps il s’est façonné.Tu es un maillon de ce passé, tu verras tant de noms gravés,
Fernande, Armand, et Fernand, Daussin le maréchal ferrant, sa gitane, son bleu et son béret, une main sur le soufflet, l’autre maniant le fer incandescent, prés de l’enclume.
Tu croiseras Ulysse, le charron et sa casquette, son crayoncoincé sur son oreille, fabriquant les barques vertes et rouges destinées aux pécheurs.
Il y avait Guégot, le marchand de peaux de lapins, sur son vélo.Il criait : peaux, peaux, peaux d’lapins !
Ecoute siffler Toussaint le facteur, il fait sa tournée en vélo, une sacoche en bandoulière, l’autre sur le vélo, il livre le courrier, les médicaments, Les mandats, et on l’interpelle : hé, ch’facteur ! éne t’chote goutte ! le dopage du facteur ! le dernier qui ait porté l’uniforme et képi tout droit sorti des livres.
Cherche, fouille l’histoire, pars à la découverte du temps d’avant, du temps
Sans télés, ordinateurs, voitures, avions, trains, mais il y a toujours eu la guerre.
Imagine que le clocher puisse parler, il en a vu, entendu, ses cloches ont sonné,
Les bonnes et mauvaises nouvelles, elles sonnaient matin, midi et soir.
Un temps ou à l’école, on apprenait la morale, à dire bonjour, on écrivait à l’encre avec le porte plume, à la craie sur l’ardoise, loin, très loin des tablettes IPAD !
Le p’tit train transportait le sucre de Dompierre à l’écluse, en sacs de cent kilos, portés à dos d’hommes dans les péniches. Devenu train touristique, il a aussi transporté des munitions pendant grande guerre.
Tous les jours sur le canal, les péniches transportaient le blé, le sucre. De l’école on entendait la corne du marinier, René Cardon sautait sur son vélo, il fallait tourner le pont à la manivelle, hé oui, le pont était tournant et moins large, après ça René repartait ouvrir l’écluse à la manivelle aussi !
Des gens disparus, des métiers disparus, moi aussi j’ai une tablette, mais je suis allé à l’école en galoches, chaussures à semelles de bois, ouais, il y avait aussi les chaussures à clous, c’est sur que ça durait longtemps, il n’y avait pas de Nike ou Addidas, nous c’était juste des godasses.
Tu apprendras qu’en un temps pas si lointain, il y avait beaucoup de travail aux champs, au point que dans chaque village, des espagnols, des italiens venaient biner les betteraves, les portugais, eux c’était la maçonnerie, les polonais bossaient au fond des mines de charbon, les Belges sont venus nombreux, d’abord creuser notre canal, et ensuite sont devenus agriculteurs.
Sache aussi que les péniches auparavant n’avaient pas de moteurs, elles étaient tirées par un câble accroché à un tracteur, d’où : le chemin de hallage,
Et encore avant, c’était les chevaux qui tractaient, ils étaient conduit par Pépére et Adrienssens, le père de Madame Diot, Cappy /Sailly- Laurette à pied ou à dos de cheval, fallait pas être feignant à l’époque.
La suite au prochain numéro
HUILE2011

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